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Caroline Lejeune

Peintre-Artiste contemporain

Née en 1971 – Vit et travaille à Montreuil.

Depuis 2012, j’ai remis en jeu mon travail. J’ai redistribué les cartes pour ne pas me laisser enfermer dans une marque de fabrique et parce que l’art doit rester le lieu de la liberté. Le jeu de cartes, dans sa distribution, a fait apparaitre une nouvelle donne : je devais témoigner de plusieurs événements récents qui m’ont particulièrement marqués. Je me suis confrontée à quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant : montrer le chaos du monde sans recourir à la métaphore.

Avant, je peignais l’envers du réel, des paysages refuges, atemporels, s’offrant à la    contemplation pour trouver le désir, loin du flux entêtant de la vie contemporaine. Là, je me confronte au réel, à sa violence et à son obscénité.

Inscrire dans ce temps long qu’est la peinture ce qui se passe, ce qui va fatalement s’oublier,noyé dans le flux des images. Rendre l’actualité inactuelle, au sens d’intemporelle.

J’ai pris pour modèle des photographies qui me touchent, témoins de mon intimité ou de l’actualité en essayant de les reproduire le plus fidèlement possible. Impression du degré zéro de la peinture : représenter le monde à l’aide de son miroir contemporain qu’est la photographie.

Sur cette règle établie, je ne me donne aucun moyen pour me faciliter la tâche : pas de projection, de mise au carré, juste la photo, la toile blanche et mon désir. Ce qui advient : une maladresse de ma main, de mes yeux, une idiosyncrasie ?

De repentirs en repentirs, se dépasser, progresser. Touche après touche, faire entrer la peinture dans l’image, le corps laissant une trace de la pensée dans la matière. Puis la bascule dans l’au-delà de la reproduction : le tableau. A l’instant fragile de l’ « ici et maintenant », le projet originel dévie et le tableau apparait échappant à ma volonté.

La partie se déroule et laisse apparaître les motivations inchangées de mon geste : Le désir d’avancer malgré l’impossibilité de connaitre le sens de l’existence.

La sensation qu’il faudrait que tous les instants soient prégnants car on ne vit qu’une fois.

Le besoin de se surpasser, quitte à changer les règles.

Lorsque nous avançons, nous sommes aveugles à ce qui nous entoure. Après quelques jours de marche, nous tombons en arrêt, émerveillés. Et là, nous voyons quelque chose, nos yeux se sont enfin ouverts.

Peindre, c’est  incarner le désir de mouvement pour paradoxalement être arrêté.

Peindre… découvrir sous la complexité, l’harmonie du monde.

Caroline Lejeune. 2013

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